Event Europe Avenir du travail Face aux transformations numériques du monde du travail, quel avenir pour notre dialogue social en Europe ? 19.04.2026 En matière d’intelligence artificielle au travail, une véritable course contre la montre est engagée en Europe. Image: Creator: FO Si le sujet monte incontestablement en puissance chez les partenaires sociaux, tous ne disposent pas des mêmes moyens pour garantir le respect des droits des travailleur·euses. Autrement dit, les organisations syndicales intègrent de plus en plus l’IA dans leur agenda et leurs revendications, mais un écart grandissant se creuse entre son déploiement dans les entreprises et le niveau de régulation nécessaire à son intégration dans l’organisation du travail et dans la vie des travailleur·euses. Tel est le constat de l’étude du bureau « Avenir du travail » de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), présentée en amont du congrès de Force ouvrière à Dijon, dans le cadre d’un séminaire international organisé par l’organisation syndicale et la FES France. Son titre : « Dialogue social et intelligence artificielle en Europe : quelles négociations collectives sur l'IA et le management algorithmique dans le secteur des services ? » Réalisée en coopération avec UNI Europa, l’étude croise les résultats d’une enquête menée auprès de représentant·es syndicaux·ales à l’échelle européenne avec une analyse systématique des conventions collectives nationales relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur des services. L’édition 2025 est la deuxième de l’étude, après une première publication en 2023. Cette deuxième édition montre que la thématique de l’intelligence artificielle s’est fortement imposée dans le dialogue social, tandis que les défis qu’elle soulève pour les syndicats se sont accélérés. Son principal enseignement est clair : dès lors que la législation sur l’IA au travail, qu’elle soit européenne ou nationale, demeure insuffisante pour encadrer son utilisation, le dialogue social apparaît comme un levier complémentaire indispensable. Il permet d’améliorer la qualité de l’emploi et de définir des règles concrètes en matière de transparence, de protection des données, de surveillance, de formation, de recrutement et de prise de décision automatisée. Nous avons fait de cette étude le point de départ d’un échange avec des acteur·rices et expert·es du dialogue social en Allemagne, Nadine Müller du syndicat ver.di et Stefan Lücking de la Fondation Hans-Böckler, afin de confronter les résultats européens à la situation allemande. Est-il possible de transposer certaines solutions d’un pays à l’autre ? Comment articuler la législation avec les accords de branche et les accords d’entreprise ? Dans ce contexte, les 88 accords collectifs recensés constituent une base précieuse pour définir, à terme, des objectifs de négociation adaptés au contexte national de chaque organisation syndicale. Cette démarche s’articule autour de trois priorités : développer une stratégie fondée sur l’anticipation, renforcer l’association des salarié·es aux décisions à tous les niveaux et accroître les compétences des salarié·es et des syndicats sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle. Face aux délégations internationales invitées par FO ainsi qu’aux dirigeant·es des organisations syndicales internationales - Luc Triangle (CSI) et Esther Lynch (CES) -, Branislav Rugani, membre du bureau confédéral de Force ouvrière, a résumé le message porté par la FES France : « Nous devons apporter des réponses concrètes aux défis soulevés par l’intelligence artificielle. Nous devons également faire comprendre que l’IA n’est plus un sujet réservé aux expert·es. Elle est désormais au cœur des enjeux d’avenir pour l’ensemble des négociateur·rices d’accords collectifs et des acteur·rices du dialogue social en Europe. » Panel hybride avec Nadine Müller (ver.di), Benjamin Schreiber, Oliver Philipp (FES) et Stefan Lücking (HBS) Image: Creator: FO